Par Marc Tremblay, conseiller technique. 11 septembre 2026 · 8 min de lecture
En bref : dix entreprises de gestion parasitaire des couronnes de Montréal, retenues sur quatre critères vérifiables et non sur des notes. Le cadre légal impose un permis de sous-catégorie C5 ou D5, un certificat CD5 pour l’applicateur, deux registres conservés cinq ans et un avis écrit aux occupants après chaque application. Du 3 août au 13 septembre 2026, la campagne de vaccination contre la rage du raton laveur interdit de relocaliser un animal capturé dans 114 municipalités. La vraie question n’est pas qui figure en tête de liste, c’est quel technicien accepte de monter dans l’entretoit avant d’avancer un prix.
Table des matières
- Ce que cette sélection retient, et ce qu’elle ne mesure pas
- Dix entreprises, du rongeur à la petite faune
- Territoires et spécialités comparés
- Questions que les propriétaires posent avant d’appeler
Du 3 août au 13 septembre 2026, près de 815 000 appâts vaccinaux sont déposés à la main sur quelque 5 500 kilomètres carrés, répartis dans 114 municipalités de l’Estrie, de la Montérégie et du Centre-du-Québec. Ces opérations de contrôle de la rage ciblent le raton laveur, la mouffette rayée et le renard. Pour qui possède une maison unifamiliale à Sainte-Julie ou à Blainville, la conséquence est concrète : déplacer un animal capturé sous la galerie n’est plus une option partout. Et l’automne ramène les souris dans les murs. Appeler un exterminateur de rongeurs devient une décision plus technique qu’avant, sur la Rive-Sud comme sur la Rive-Nord.
Ce que cette sélection retient, et ce qu’elle ne peut pas mesurer
Aucune note, aucune étoile, aucun sondage de satisfaction dans les pages qui suivent. La sélection repose sur quatre éléments vérifiables un par un : un service explicitement dédié aux rongeurs ou à la petite faune, un territoire annoncé couvrant au moins une des deux couronnes, une mention de permis ou d’affiliation professionnelle, et un site qui décrit une méthode plutôt qu’une promesse. Le cadre légal, lui, ne se négocie pas. Le ministère de l’Environnement, dans son état des obligations des entreprises de gestion parasitaire mis à jour en juillet 2025, exige un permis de sous-catégorie C5 ou D5, un certificat CD5 pour l’applicateur ou son superviseur, deux registres conservés cinq ans et un avis écrit remis aux occupants après chaque application en habitation.
Les limites de l’exercice méritent d’être posées. Rien n’a été testé sur le terrain, aucun prix n’a été comparé, aucun client n’a été interrogé. Les faits proviennent des sites des entreprises et de sources publiques consultées en septembre 2026, et une page peut changer la semaine suivante. Le classement est éditorial, discutable, et il ne remplace pas deux appels et une inspection sur place.
Dix entreprises, de l’exterminateur de rongeurs au trappeur de petite faune
1. Nova Extermination
Établie à Saint-Amable, l’entreprise annonce une quinzaine d’années d’activité et un territoire couvrant Longueuil, Boucherville, Brossard, Châteauguay, Saint-Hubert, La Prairie, Candiac et Sainte-Julie. Son offre distingue l’extermination des souris, des rats et des mulots du volet petite faune, qui inclut ratons laveurs, moufettes, écureuils et chauves-souris. Le protocole annoncé enchaîne inspection, traitement, calfeutrage des accès et décontamination des zones souillées. Les logos du ministère de l’Environnement et de la CNESST figurent au pied des pages, aux côtés de ceux d’organismes de formation en santé et sécurité du travail.
2. Exterminateur Montréal
Le site couvre une quinzaine de municipalités du Grand Montréal, dont Longueuil et Brossard au sud, Terrebonne, Blainville et Repentigny au nord. La fiche consacrée aux souris décrit un protocole de piégeage et d’exclusion permanente en quatre temps, avec un parti pris assumé : refermer les points d’entrée plutôt que multiplier les appâts. L’entreprise déclare une licence du ministère de l’Environnement, une adhésion à l’Association québécoise de la gestion parasitaire et l’usage exclusif de produits homologués par Santé Canada. Fourmis charpentières et guêpes disposent chacune de leur propre fiche de service.
3. Extermination Pro-Nature
Plus de dix ans d’activité déclarés, et un rayon large : Montréal, Laval, Rive-Nord, Rive-Sud, Ouest-de-l’Île et Vaudreuil-Soulanges. La particularité tient à l’étendue du catalogue faunique, qui va du raton laveur à la marmotte en passant par la moufette, la chauve-souris et le pigeon. Côté rongeurs, la page détaille les gestes de prévention contre les souris domestiques autant que le piégeage lui-même : scellement des fissures, coupe-froid, contenants hermétiques. Les techniciens détiennent le permis provincial requis, et l’entreprise revendique une approche de capture puis de relocalisation sans cruauté.
4. Exterminateurs Associés
Fondée en 1972, la firme de Michel Grenier affiche le plus long parcours du lot, avec plus d’un demi-siècle d’activité continue. Elle dessert Montréal, Laval, Brossard, Longueuil, Boucherville et Varennes, et traite coquerelles, fourmis, punaises, guêpes ainsi que rats et souris, en résidentiel comme en commercial. Trois affiliations sont annoncées simultanément : l’association québécoise, son pendant canadien et la National Pest Management Association. Deux particularités revendiquées méritent d’être notées : des véhicules non identifiés, pour la discrétion, et des garanties de service consignées par écrit.
5. Extermination Jalbert
Née de la fusion d’Extermination Terrebonne, d’Extermination Joliette et d’Extermination St-Hubert, l’entreprise fondée par Yvon Jalbert et Ghislain Lemieux revendique plus de quarante ans de métier. Son territoire enjambe les deux couronnes : Terrebonne, Mascouche, Joliette, Sainte-Thérèse et Lachute au nord, Saint-Hubert et Saint-Jean-sur-Richelieu au sud. Fourmis charpentières, guêpes, araignées, puces d’animaux et rongeurs figurent au catalogue. L’entreprise cumule les trois adhésions associatives, annonce une recommandation CAA, et offre un service d’identification gratuit avant devis, en plus de contrats d’entretien préventif.
6. Brisebois Extermination
Trente-huit ans d’activité annoncés, ce qui situe les débuts vers 1988. Le territoire part de Pointe-aux-Trembles et Côte-Saint-Luc pour descendre sur la Rive-Sud, à Brossard, Boucherville et Saint-Lambert, avec des lignes téléphoniques distinctes pour Beloeil, Chambly, Saint-Bruno et Saint-Césaire. Le catalogue sépare finement les fourmis charpentières, pharaon et de pavé, et couvre écureuils, marmottes et ratons laveurs en plus des souris et des rats. Les logos de l’association québécoise et de la NPMA sont affichés, et des traitements préventifs saisonniers sont proposés.
7. Contre Attak
Une trentaine d’années d’existence déclarées pour cette entreprise implantée sur la couronne nord, avec quatre lignes régionales distinctes pour Repentigny, Laval, Saint-Jérôme et le secteur de Lanaudière. Fourmis charpentières, guêpes, coquerelles, punaises, souris et rats composent l’offre courante. Le site mentionne des formations suivies auprès du ministère de l’Environnement et un service d’urgence en continu. La clientèle annoncée mêle maisons unifamiliales, copropriétés et immeubles de bureaux, ce qui suppose des protocoles distincts selon le type de bâtiment et le mode de propriété.
8. ECRN Extermination
Active depuis 2010, l’entreprise couvre Laval et une longue liste de municipalités de la couronne nord, de Deux-Montagnes à Saint-Jérôme en passant par Rosemère, Boisbriand, Terrebonne et Mirabel, avec un prolongement vers la Mauricie. Le volet capture de moufettes et de ratons laveurs est traité comme un service distinct de l’extermination d’insectes, ce qui reste rare dans le secteur. Elle annonce figurer parmi les fournisseurs recommandés par CAA-Québec et déclare son appartenance à l’association québécoise ainsi qu’à la NPMA. La désinfection complète l’offre.
9. Vermi-Tech
Fondée en 2010 et installée rue Sicard à Saint-Rémi, l’entreprise travaille depuis la Montérégie agricole vers la Rive-Sud et la MRC de Roussillon. Punaises de lit et fourmis charpentières dominent ses pages, mais le contrôle des rongeurs fait partie de l’offre résidentielle, commerciale et institutionnelle. Le site met en avant une garantie écrite sur les méthodes employées, des produits présentés comme sécuritaires et un estimé gratuit avant intervention. Le permis provincial demeure la pièce obligatoire, indépendamment de toute adhésion associative, et se demande directement.
10. Apex Gestion Parasitaire
Basée à Boisbriand, l’entreprise annonce un service sept jours sur sept sur la couronne nord, notamment à Saint-Jérôme, Blainville, Mirabel et Prévost, ainsi qu’à Montréal et Laval. Souris, rats, coquerelles, punaises, fourmis charpentières, guêpes, ratons laveurs, écureuils, moufettes et marmottes figurent au catalogue. La méthode décrite combine inspection complète, traitement ciblé au moyen de produits homologués et colmatage des accès. Une garantie de suivi de six mois à un an est annoncée, avec reprise sans frais en cas de réapparition des indésirables.
Territoires et spécialités : ce qui distingue un exterminateur d’un autre
Le tableau ci-dessous rassemble les éléments déclarés par chaque entreprise sur son propre site.
| Entreprise | Territoire annoncé | Spécialité déclarée | Certification ou affiliation | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Nova Extermination | Rive-Sud, de Longueuil à Candiac | Rongeurs et petite faune | Ministère de l’Environnement, CNESST | Volet capture distinct du volet insectes |
| Exterminateur Montréal | Grand Montréal, deux couronnes | Souris, rats, insectes saisonniers | Licence provinciale, AQGP | Exclusion permanente privilégiée aux appâts |
| Extermination Pro-Nature | Montréal, Laval, deux couronnes, Vaudreuil | Petite faune et fourmis charpentières | Permis provincial | Catalogue faunique le plus étendu du lot |
| Exterminateurs Associés | Montréal, Laval, Longueuil, Varennes | Insectes et rongeurs, résidentiel et commercial | AQGP, ACGP, NPMA | Fondée en 1972, véhicules non identifiés |
| Extermination Jalbert | Rive-Nord, Lanaudière, Rive-Sud | Fourmis charpentières, guêpes, rongeurs | AQGP, ACGP, NPMA, recommandation CAA | Issue de la fusion de trois entreprises |
| Brisebois Extermination | Montréal et Rive-Sud, jusqu’à Saint-Césaire | Fourmis, rongeurs, faune urbaine | AQGP, NPMA | Lignes téléphoniques par municipalité |
| Contre Attak | Laval, Repentigny, Saint-Jérôme, Lanaudière | Fourmis charpentières, guêpes, rongeurs | Formations du ministère de l’Environnement | Unifamilial, copropriété et bureaux |
| ECRN Extermination | Laval, Rive-Nord, Mauricie | Rongeurs, insectes, capture de faune | AQGP, NPMA, recommandation CAA-Québec | Capture de moufettes traitée à part |
| Vermi-Tech | Rive-Sud, MRC de Roussillon | Punaises et fourmis charpentières | Permis provincial | Ancrage en Montérégie agricole |
| Apex Gestion Parasitaire | Couronne nord, Montréal, Laval | Rongeurs, insectes, petite faune | Techniciens certifiés | Garantie de suivi de six à douze mois |
Une lecture verticale du tableau fait ressortir une ligne de partage. Les entreprises fondées avant 1995 annoncent presque toutes une adhésion associative, celles nées après 2010 misant davantage sur la garantie contractuelle. Contrairement à ce qu’on suppose souvent, l’affiliation ne dit rien de la compétence technique d’un applicateur : elle dit qu’un code de pratique a été signé. Le certificat CD5, lui, est obligatoire, et rien n’empêche de demander à le voir.
Questions que les propriétaires posent avant d’appeler un exterminateur
Un palmarès reste un point de départ. La vraie question, pour un propriétaire de Candiac ou de Saint-Eustache, n’est pas de savoir qui figure en tête d’une liste, mais quel technicien acceptera de monter dans l’entretoit avant d’avancer un prix. Les appâts déposés cet été immuniseront une partie des ratons de la Montérégie. Les souris, elles, entreront quand même. Sur un dossier touchant la santé publique ou un litige de copropriété, un avis professionnel demeure indispensable.







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