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Panneaux solaires en hiver a Drummondville et Victoriaville : ce que produit vraiment un toit de decembre a fevrier

Panneaux solaires en hiver a Drummondville et Victoriaville : ce que produit vraiment un toit de decembre a fevrier

Par Marc Tremblay — Conseiller technique. Mise à jour : 3 novembre 2026 · 8 min de lecture

En bref : à Drummondville et Victoriaville, les panneaux solaires produisent en moyenne 1,75 kWh/kW/jour l’hiver, contre 5,84 kWh/kW/jour l’été — soit environ trois fois moins. L’hiver ne couvre donc qu’un dixième de la production annuelle, mais le mesurage net d’Hydro-Québec reporte les crédits de surplus d’été vers décembre à février. Un système solaire se dimensionne sur l’année, pas sur janvier. Les données publiques de Ressources naturelles Canada et des relevés réels de Lanaudière confirment : la production hivernale ne tombe jamais à zéro, et le froid clair reste une excellente condition pour les cellules photovoltaïques.

Table des matières

  1. Ce que disent les données publiques pour le Centre-du-Québec
  2. Neige, froid, soleil bas : trois phénomènes qui ne vont pas tous dans le même sens
  3. L’hiver est aussi la saison où l’on consomme le plus
  4. Comment dimensionner un système pour tenir le vrai hiver
  5. Préparer la toiture pour le premier hiver
  6. FAQ
Panneaux solaires en hiver à Drummondville et Victoriaville, toit enneigé et ciel clair
Un toit solaire au Centre-du-Québec en plein hiver : la neige glisse plus vite qu’on ne le pense sur une surface vitrée bien inclinée.

Janvier, 16 h 30, il fait déjà noir et la neige tombe depuis le matin. Sur le toit du voisin, les panneaux ont disparu sous vingt centimètres de blanc. C’est l’image que tout le monde a en tête quand on parle de panneaux solaires en hiver, et elle explique la question qu’on entend le plus souvent au Centre-du-Québec : « Ça ne sert à rien de décembre à mars, non ? » La réponse courte, c’est que la production chute beaucoup, mais qu’elle ne tombe pas à zéro, et surtout que l’hiver ne se juge pas seul. Les données publiques de Ressources naturelles Canada couvrent plus de 3 500 municipalités, mois par mois, et plusieurs analyses météorologiques existent pour Drummondville. Ce que ces chiffres racontent est à la fois moins brillant que les brochures et beaucoup plus rassurant que les rumeurs de voisinage.

1. Ce que disent les données publiques pour le Centre-du-Québec

Une analyse fondée sur une année complète de données horaires de la NASA, pour les coordonnées de Drummondville, donne des moyennes saisonnières éclairantes. Chaque kilowatt installé y produirait en moyenne 5,84 kWh par jour l’été, 5,22 au printemps, 2,77 à l’automne et 1,75 l’hiver. Victoriaville, à moins d’une heure de route, se trouve dans des conditions d’ensoleillement comparables.

Autrement dit, un jour d’hiver typique produit environ trois fois moins qu’un jour d’été. C’est beaucoup. Mais ce n’est pas rien, et les relevés réels vont dans le même sens. Un installateur québécois a publié la production de janvier 2019 d’un système de 20 kW à Saint-Jean-de-Matha, dans Lanaudière : 949 kWh sur le mois, soit un peu moins de 1,5 kWh par kilowatt et par jour, en plein cœur de l’hiver.

Saison Production par kW/jour Système 8 kW / jour 8 kW sur la saison
Hiver (déc. à févr.)1,75 kWh14 kWh≈ 1 260 kWh
Printemps (mars à mai)5,22 kWh42 kWh≈ 3 840 kWh
Été (juin à août)5,84 kWh47 kWh≈ 4 300 kWh
Automne (sept. à nov.)2,77 kWh22 kWh≈ 2 020 kWh

Ces valeurs viennent d’un modèle météorologique et ne tiennent pas compte de toutes les pertes, notamment des jours où la neige recouvre les modules. Le total théorique dépasse d’ailleurs la moyenne de 1 200 kWh par kilowatt et par année que retient Hydro-Québec pour le Québec. Retenez surtout les proportions : l’hiver fournit à peu près un dixième de la production annuelle, l’été et le printemps en fournissent les trois quarts.

2. Neige, froid, soleil bas : trois phénomènes qui ne vont pas tous dans le même sens

Trois facteurs se combinent pendant les mois froids, et ils ne tirent pas tous dans la même direction.

Le soleil bas et les journées courtes sont la principale cause de la baisse. En décembre, le soleil reste bas sur l’horizon, et un arbre ou une cheminée qui ne gêne jamais en juillet peut ombrager une partie du toit pendant des heures.

La neige, ensuite. Tant qu’elle couvre les modules, la production est quasi nulle. Sur un toit bien incliné, elle glisse pourtant plus vite qu’on ne le croit : la surface vitrée est lisse, les cellules sombres absorbent le peu de soleil disponible et accélèrent la fonte. Les micro-onduleurs ou les optimiseurs aident aussi, puisqu’un module encore enneigé ne pénalise pas toute la rangée.

Le froid, enfin, joue en faveur des panneaux. Les cellules photovoltaïques perdent du rendement quand elles chauffent au-delà de 25 °C. Par une journée claire et glaciale, elles travaillent au contraire dans d’excellentes conditions. C’est pourquoi la fin de l’hiver réserve souvent de belles surprises : en mars, le soleil remonte, le ciel se dégage et la neige au sol réfléchit la lumière vers les modules.

Un conseil de sécurité s’impose : ne montez jamais sur un toit enneigé pour dégager des panneaux. Le gain de quelques kilowattheures ne justifie ni la chute ni les rayures sur le verre. Mieux vaut laisser le soleil faire son travail.

L’application de suivi fournie avec la plupart des onduleurs devient d’ailleurs un bon réflexe l’hiver. Une journée à zéro après une tempête n’a rien d’inquiétant. Une production anormalement basse plusieurs jours de ciel clair d’affilée, en revanche, mérite un appel à l’installateur : un module défectueux ou une connexion lâche se repèrent plus facilement quand on connaît le comportement normal de son système.

3. L’hiver est aussi la saison où l’on consomme le plus

C’est là que le raisonnement se renverse. Au Québec, la consommation résidentielle est concentrée en hiver, surtout dans les maisons chauffées à l’électricité. Des données déposées à la Régie de l’énergie montrent qu’un abonné domestique consomme en moyenne 51 kWh par jour l’hiver, contre 24 kWh l’été. Les panneaux produisent donc le moins au moment où la maison en demande le plus.

Le mesurage net d’Hydro-Québec comble cet écart. Les surplus produits de mai à août sont injectés dans le réseau et crédités en kilowattheures, selon un ratio d’un pour un. Ces crédits sont ensuite consommés quand la production ne suffit plus. Dans les faits, le réseau joue le rôle d’une grande batterie saisonnière, sans frais de stockage.

Faisons le calcul pour notre système de 8 kW. L’hiver, il produit environ 1 260 kWh, alors qu’une maison consommant 51 kWh par jour en demande près de 4 600 kWh sur la même période : les panneaux couvrent un peu plus du quart des besoins. L’été, c’est l’inverse. Avec 4 300 kWh produits pour environ 2 200 consommés, la maison exporte un peu plus de 2 000 kWh vers le réseau. Ce sont ces crédits, accumulés quand personne ne pense à l’électricité, qui viennent alléger les factures de janvier et de février.

Les chiffres varient évidemment d’une maison à l’autre, selon l’isolation, le mode de chauffage et la présence d’un véhicule électrique. Mais l’ordre de grandeur reste le même partout dans la région : l’été paie une bonne partie de l’hiver.

4. Comment dimensionner un système pour tenir le vrai hiver

La conséquence est simple : on ne dimensionne pas un système solaire sur le mois de janvier. On le dimensionne sur l’année. Un système qui couvrirait à lui seul la consommation d’une maison chauffée à l’électricité en janvier serait démesuré le reste de l’année, et les surplus non utilisés ne sont pas payés en argent.

La bonne question à poser à un installateur n’est donc pas « combien je produis en hiver ? », mais « quelle part de ma consommation annuelle ce système couvre-t-il, et combien de crédits me restera-t-il au printemps ? ». Une simulation honnête doit y répondre mois par mois, neige comprise.

5. Préparer la toiture pour le premier hiver

Quelques choix faits à l’installation changent nettement le comportement du système en hiver. Une inclinaison plus prononcée favorise le glissement de la neige. Une disposition qui laisse un espace libre au bas du toit évite que la neige accumulée ne remonte sur la dernière rangée. Des micro-onduleurs ou des optimiseurs limitent les pertes quand une partie seulement des modules est couverte.

Pour les propriétés rurales des environs de Drummondville et de Victoriaville, un montage au sol mérite réflexion. L’inclinaison peut être réglée à l’optimum, la neige tombe au pied de la structure plutôt que de s’y accumuler, et le déneigement éventuel se fait sans échelle.

Un installateur établi dans la région connaît ces réalités. Pour une installation de panneaux solaires à Drummondville, la production hivernale fait partie de la simulation dès le départ plutôt que d’arriver comme une mauvaise surprise en décembre.

Foire aux questions

Les panneaux solaires produisent-ils de l’électricité en hiver au Québec ?

Oui, mais nettement moins qu’en été. Pour Drummondville, une analyse de données météorologiques situe la production hivernale moyenne autour de 1,75 kWh par kilowatt installé et par jour, contre 5,84 kWh l’été.

Faut-il déneiger ses panneaux solaires ?

Généralement non. Sur un toit incliné, la neige glisse et fond assez rapidement. Il ne faut jamais monter sur un toit enneigé pour dégager les modules : le risque de chute ne vaut pas les quelques kilowattheures gagnés.

Le froid nuit-il au rendement des panneaux solaires ?

Non, au contraire. Les cellules perdent du rendement lorsqu’elles chauffent au-delà de 25 °C. Par temps froid et clair, elles fonctionnent dans de bonnes conditions, et la neige au sol peut même augmenter la lumière reçue par réflexion.

Comment compenser la faible production hivernale ?

Grâce au mesurage net d’Hydro-Québec. Les surplus d’été sont crédités en kilowattheures, un pour un, et consommés pendant l’hiver. C’est pourquoi un système se dimensionne sur l’année entière plutôt que sur le mois de janvier.

Quelle part de ma consommation annuelle un système solaire peut-il couvrir au Centre-du-Québec ?

Un système bien dimensionné pour une maison chauffée à l’électricité couvre généralement 60 à 90 % de la consommation annuelle. L’été produit l’équivalent du double de ce qui est consommé, ce qui crédite les mois d’hiver via le mesurage net.


Pour aller plus loin

À propos : Marc Tremblay, 18 ans en rénovation résidentielle au Québec. Membre associé APCHQ. Il coordonne l’éditorial de RénovationsQC et croise systématiquement les discours commerciaux avec les données publiques (RNCan, Hydro-Québec, Régie de l’énergie) pour tester ce que les systèmes solaires livrent réellement sous nos latitudes.

Sources et références : Ressources naturelles Canada — cartes de potentiel photovoltaïque · Hydro-Québec — Option de mesurage net et moyennes de consommation résidentielle · Régie de l’énergie du Québec · relevés de production publiés par des installateurs du Québec.

About Marc Tremblay

Marc Tremblay cumule 18 ans d'expérience comme gestionnaire de chantier et conseiller technique en rénovation résidentielle. Après avoir piloté plus de 400 projets de cuisines et salles de bain au Grand Montréal, il rejoint l'équipe éditoriale de renovationsqc.com pour décortiquer les coûts réels, les pièges courants et les meilleures pratiques. Membre associé de l'APCHQ.

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